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Statues et masques ont un double but. Ils exercent une action propitiatoire
à l'égard des puissances bénéfiques (génies,
ancêtre, dieux secondaires), qui sont des intermédiaires
entre l'homme et une déité diffuse dans l'univers. Mais
ils peuvent aussi éloigner les puissances du mal toujours prêtes
à nuire et même à tuer. Le masque en particulier
ne désigne pas seulement ce qui dissimule visage mais tout
le corps du participant initié qui le porte et dont l'incognito
doit être préservé. Il ne fait alors plus qu'un
avec ce dernier et incarne le temps de la cérémonie
une puissance surnaturelle spécifique dont il est sacrilège
de provoquer la présente à n'importe quelle occasion.
Il existe pourtant aussi des masques de réjouissances l'égard
desquels on n'éprouve pas le même respect et surtout
le rôle du masque et des identités varient avec les différentes
ethnies, de même que son aspect.
A part quelques exceptions, les ethnies de la Côte, vivant
en milieu ouvert sur le large, soumises depuis plusieurs siècles
aux influences étrangères et notamment chrétiennes,
ne se servent pas de masques. Cependant, les petites statuettes
d'ancêtres ou de divinités mineures se rencontrent
fréquemment, notamment dans les groupes habitant à
l'Est d'Abidjan.
Les forêts, aux horizons fermés, pleines de bruits
inquiétants et de présences invisibles, semblent livrées
à des forces occultes dont il est facile d'imaginer la malveillance.
Dans Ouest, elles ont provoqué, chez les maîtres du
genre que sont les Guéré, une floraison de masques
où est systématisée la recherche de l'horreur.
Car ils sont chargés de catalyser les forces négatives
pour en changer le signe. Pourtant, dans une région analogue
à celle des Guéré, les Dan ont au contraire
crée des masques d'une pureté, d'un dépouillement
et d'une sérénité extraordinaire.
En tout cas dans Ouest, les statues ont laissé toute
la primauté aux masques et ne figurent que dans les cultes
domestiques intimes, et n particulier chez les Dan et les Bété.
Au fur et à mesure que l'on se rapproche du Nord-Ouest,
c'est-à-dire de l'aire d'influence des Malinké musulmans,
le règne du masque diminue pour disparaître complètement,
puisque l'islam interdit toute représentation humaine.
En se dirigeant au contraire vers le centre, on continue à
trouver, chez les Gouro, puis chez les Yaouré, un emploi
préférentiel du masque, mais, comme chez les Dan,
celui-ci s'apaise, s'affine, évoque des entités bienveillantes.
Encore plus au centre, les sculpteurs Boulé sont plus
connus pour leurs statuettes de petite taille. Celles-ci représentent
les ancêtres et sont utilisées dans les cultures familiales
ou constituent un support du culte de fécondité et
reçoivent des sacrifices. Cependant les Baoulé créent
aussi des masques tantôt représentant des visages aux
traits fins beaux, détendus, tantôt assez lourds et
chargés de motifs allégoriques plus dramatiques. "
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